Stress, le clip : mais que fait la Justice ?

Une polémique a commencé à enflammer la toile ces derniers jours. Il s’agit du dernier clip de Justice, groupe électro-trendy préféré des parisiens.

L’objet du délit se présente comme un mélange entre Smack My Bitch Up de Prodigy, Qu’Est Ce Qu’On Attend ? de NTM, une partie de GTA, et une séance de Happy Slapping.

Au niveau des strictes signifiants, le clip penche plutôt d’ailleurs vers ce dernier modèle : il met en scène des jeunes « de couleur » qui quittent leur cité pour parcourir Paris en y commettant diverses agressions et dégradations aussi gratuites qu’aléatoires.

Le tout est filmé caméra à l’épaule, pour un plus grand sentiment d’immersion. Les évènements semblent être vus « de l’intérieur », comme au cours d’une session de Happy Slapping, au point que l’on se demande tout au long de la vidéo si le caméraman fait partie ou non de l’équipe, jusqu’au sacrifice tragique de ce dernier à la fin du clip.

L’identité et le statut indéfinis de ce caméraman-narrateur constituent d’ailleurs le véritable aspect dérangeant du clip. Impossible de savoir « qui parle ? » et « pourquoi ? ». Les évènements sont livrés de façon brute, voire brutale. On ne décèle aucun point de vue, aucune médiation, aucun discours (social ou autre) prédéfini qui encadre les faits exposés pour leur donner du sens.

Le spectateur est seul confronté à ce concentré de violence pure. La neutralité axiologique de la mise en scène confère une forme de réalisme au traité, comme dans les films de Gus Van Sant. Chacun est livré à lui-même dans son travail d’interprétation, libre de projeter ses propres préjugés et ses propres fantasmes sur la vidéo.

Et en effet, le sens ayant horreur du vide, face au mutisme des signifiants, la vidéo invite à un niveau d’analyse plus pragmatique, c’est-à-dire à se détacher des signes pour prendre en compte la situation de communication et son contexte.

On se réfère ainsi au contexte sociétal et médiatique pour essayer de donner du sens au clip, tant bien que mal.

Et là, c’est la foire d’empoigne, comme en atteste l’abondance et la teneur des commentaires sur YouTube :

- les uns voient dans le clip une apologie des thèses d’extrême droite sur l’immigration et la violence

- les autres y voient une dénonciation de la politique sécuritaire du gouvernement et du traitement de la violence urbaine opéré par les médias (dernière hypothèse infirmée par l’analyse que je viens de faire et la mise en évidence d’une absence de médiation)

- d’autres encore y voient un acte de provocation désinvolte, uniquement mu par une avidité commerciale et le simple désir de « faire du buzz »

- certains pourront également y voir une apologie de la violence (voire une incitation), de la juste revanche d’une jeunesse opprimée, et la reprise du thème de l’imminente explosion de la société traité dans la culture rap des années 90 (Qu’Est Ce Qu’On Attend ? de NTM , Ma 6T Va Cracker, etc.)

Il est vraisemblable de supposer que Justice n’a pu se réapproprier la thématique de la violence urbaine qu’avec une certaine distance, même si la nature de cette distance reste pour le moins énigmatique et ambiguë dans sa visée : pour le moment, seules la volonté de provoquer et de faire parler de soi ne font aucun doute… et peut-être aussi la volonté de malmener la bonne conscience et le goût du politiquement correct de la cible bobo-branchouille du groupe ?

Volkswagen US, champion de la Vox Populi

Volkswagen US tient à nous montrer qu’il est bon élève et qu’il a retenu sa leçon sur les médias sociaux et la conversation.

Via What the people want, ce dernier se propose de relayer l’(e)opinion de ses consommateurs américains sur une multitude de sujets liés à leur vie quotidienne, bien au-delà du simple thème de l’automobile.

Pour ce faire, Volkswagen a mis en place un système de sondages, dont la particularité est de permettre aux consommateurs de poser leurs propres questions mais aussi d’exporter les résultats sur d’autres supports (sur des T-shirts par exemple…).

Dommage que cette initiative nous laisse avec un arrière goût de verni démagogique et d’opportunisme. Il en faudra plus, beaucoup plus, pour que la marque puisse légitimement se prévaloir d’écouter les gens, comme par exemple Dell.

“Well, this is a European company…” : pour Rolling Rock Beer, tomber la veste ne suffit plus !

Rien de tel pour s’affirmer comme une marque disruptive et originale que de se positionner par rapport au symbole des conventions arbitraires par excellence : le monde de l’entreprise.

Dans la famille “j’ai fait faire ma webTV par Mathieu Vaidis”, je voudrais MyDSI-Tv

Les webTV corporate et BtoB sont de plus en plus en vogue. Malheureusement, comme le montre cette initiative d’Accenture, les résultats sont plus ou moins heureux selon les cas…

Eh oui, désolé les gars, la communication c’est un métier…

Allez, pour la peine, on s’en remet un petit coup, juste pour le plaisir !

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Red Brick Road : de l’auto-publicité certifiée “no-bullshit” ?

Red Brick Road emploie une stratégie de communication no-bullshit qui, non sans rappeler les dernières campagnes Neuf Telecom, croque avec beaucoup d’humour les stéréotypes et les travers des communications d’agence.

On retrouvera notamment :
- le caractère souvent fumeux des positionnements, davantage nourris de mots et d’effets d’annonce que de véritables idées
- la propension compulsive à la promotion de méthodos foireuses, d’outils plus aberrants les uns que les autres (cf. « La salade de mots » au service de la marque) et de pseudos-concepts déposés
- l’appropriation opportuniste et démagogique des diverses modes du moment (cf. la philosophie…)
- la surenchère dans les promesses (cf. « le marketing à 720° »)
- etc.

Le reveal, lorsque l’on choisi le « chemin de briques rouges », suggère, comme chez Neuf, que la meilleure communication de l’agence réside purement et simplement dans ses produits et que tout le reste est superfétatoire : l’internaute est redirigé vers une page extrêmement épurée voire austère qui se concentre uniquement sur le portfolio de Red Brick Road.

Vu la mécanique utilisée, le site aurait d’ailleurs pu emprunter à Lowe Alice sa signature : « l’agence de publicité qui vend très mal son métier mais qui vend très bien ses clients ».

Tout se passe comme si l’agence s’adressait à ses clients et prospects en leur disant : « Nous sommes des publicitaires, mais nous, au moins, nous ne sommes pas des menteurs… pas avec vous en tout cas ! (Par contre regardez ce qu’on fait avec les consommateurs…) »

On constate cependant assez vite les limites du procédé. Ce dernier, proche de la figure rhétorique de “prétérition”, peut facilement se retrouver pris au piège de ses propres contradictions : si l’agence poussait vraiment le principe jusqu’au bout, elle se contenterait uniquement sur le “chemin de briques rouge” et n’aurait pas besoin de faire tout un foin sur les pratiques de ses concurrents…

Lego : from the Cluetrain Manifesto to the company culture shift

Suéder un RPG rétro à peu de frais…

Bien entendu, seuls ceux qui ont un jour ou l’autre usé leurs pouces sur la saga des Final Fantasy ou sur des jeux similaires pourront comprendre…

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Microsoft Vista : la méthode Coué, une valeur sûre…

Il s’agirait d’une vidéo produite en interne chez Microsoft et qui se serait plus ou moins “accidentellement” retrouvée sur le net…

Les commentaires sont aussi savoureux qu’éloquants : “Je crois que j’ai perdu 50 points de QI en regardant cette vidéo”…

Nokia Get-Out-And-Play : This is a tribute…

Nokia a récemment produit une vidéo impressionnante en stop motion afin de promouvoir N-Gage, sa nouvelle plateforme de téléchargement de jeux mobiles.

Au premier abord, la stratégie ressemble à celle de Sony Bravia : mettre les moyens nécessaires à l’élaboration d’une vidéo qui, par sa démesure et son aspect spectaculaire, va conquérir l’enthousiasme des consommateurs, au point éventuellement de générer des effets viraux. La vidéo fait l’objet d’une stratégie de content seeding sur les média sociaux (notamment sur YouTube), et la marque met également en avant son « making of ».

Mais, ne nous y trompons pas, les enjeux de cette campagne sont spécifiques. Il s’agit en premier lieux pour la marque de vendre du jeu vidéo avec un discours suffisamment universel, sachant que ce genre de produit appel souvent des campagnes très segmentantes.

Nokia a résolu le problème en faisant appel à un symbole fédérateur absolument casual et rétro : le jeu Snake. Ce dernier a le mérite d’être universel (qui n’a jamais joué à Snake sur un Nokia ?) et de titiller la fibre nostalgique des consommateurs. Ainsi la campagne est tournée sous l’angle d’un hommage à ce jeu mythique.

Par ailleurs, toujours dans le même souci d’ouverture, la marque a soigneusement évité de mettre l’accent sur la technicité des jeux et sur leurs performances (qui pourtant constituent la véritable différence de l’offre, comme on le comprend en naviguant sur la plateforme N-Gage) au profit d’une communication centrée sur les bénéfices les plus généraux du gaming mobile : la mobilité et la dimension collective.

Nokia, en bon leader, travaille pour la catégorie en tentant de démocratiser de « nouveaux » usages. Mais il tente également de préempter l’idée même de jeu mobile.

La réalisation de la vidéo, et plus largement du minisite Get-out-and-play qui lui sert de principal support, est particulièrement soignée et originale. La musique est délicieuse, et l’on appréciera l’originalité du jeu Ball Breaker qui s’invite subrepticement au milieu de du spot.

Corona Beach : sous les troquets la plage !

La marque se positionne en réaffirmant ses origines exotiques mais aussi et surtout en préemptant un moment de consommation particulier.

Le symbole de la plage est un lieu commun destiné à évoquer les vacances, et plus généralement l’idée de détente.

Certes, me direz-vous, mais la consommation de la bière a toujours correspondu à un moment de détente et de relaxation, rien de nouveau sous le soleil.

Sauf qu’ici, l’on fait référence à la détente dans son sens le plus paroxystique et le plus absolu, comme en témoigne le paysage idyllique dans lequel le consommateur est littéralement plongé, paysage dont le seul ancrage au réel (ou du moins dans le quotidien du consommateur) est constitué par un Blackberry, qui d’ailleurs ne tarde pas à être jeté à l’eau.

On recherche l’archétype de la détente, son expression la plus évidente dans l’imaginaire populaire : les vacances de rêves que vous n’avez jamais pu vous payer.

Il ne s’agit donc pas de n’importe quel moment de relaxation, mais d’un moment particulièrement qualitatif.

Le site, proposant une vision à la première personne, se veut immersif. Il constitue une forme d’invitation au voyage. Il incite les consommateurs à imaginer ce moment de relaxation absolu, à faire des plans sur la comète. Il ne lésine sur aucun moyen pour mettre le consommateur en condition en l’apaisant.

L’absence de musique (ou du moins le caractère optionnel et non-intrusif de cette dernière), confère au site une impression de calme et de sérénité.

Le site est plutôt pauvre en contenu, il n’y a vraiment pas grand chose à faire… mais pour une fois nous ne nous en alarmeront pas : c’est normal le message de la marque cherche à nous vendre du farniente !

L’intérêt du site réside dans le réflexe qu’il cherche à développer chez le consommateur : Corona doit résonner dans l’esprit du citadin actif comme une compensation, comme le meilleur substitut à ces vacances qu’il ne pourra jamais s’offrir.

PS : on sera attentif à la très savoureuse mention (en bas à droite) « Relax Responsibly »