Sony vous fait faire le tour du monde en 80 secondes

avril 5, 2010

« Le tour du monde en 80 secondes » est une vidéo en stop-motion shootée avec le Sony Cyber-shot HX5V, un appareil muni de fonctionnalités GPS dont elle a vocation à faire la promotion.

Son titre nous inscrit d’emblée (au niveau littéral) dans l’univers du voyage, se démarquant ainsi des thèmes de la famille et de la de la convivialité que l’on retrouve souvent dans la catégorie.

Mais il nous inscrit également, par sa référence à l’œuvre de Jules Vernes, dans le registre du défi : il évoque quelque chose qui ne va pas de  soi et appelle une forme de prouesse.

Sony renouvèle le challenge originel de Phileas Fogg par une surenchère (80 secondes VS 80 jours) qui déplace son objet du domaine du voyage vers le domaine du récit.

Ainsi, la performance artistique proposée par Sony, se présente comme un double accomplissement :

  • la réalisation du tour du monde
  • le récit de ce tour du monde

UN « AUTHENTIQUE » TOUR DU MONDE

Sony, dans ses communications, cultive volontiers l’hyperbole, le spectaculaire et la démesure, comme en témoignent par exemple les publicités Bravia ou encore la longue tradition des publicités Playstation Station et leur caractère surréaliste.

Ici la marque nous surprend à la fois par la sobriété de la réalisation et par la discrétion du branding. Et pour cause : de l’authenticité de la performance artistique proposée dépend la crédibilité de la démonstration produit sous-jacente.

Le contrat de communication passé avec les internautes est donc fondé sur un défi relatif aux conditions de réalisations de la vidéo : ce tour du monde, tourné en 3 semaines et avec « 0 repérage », est présenté comme accompli avec les moyens du bord, sans artifices, presque comme une improvisation.

Il vaut par son écart par rapport aux pratiques publicitaires traditionnelles, aux multiples filets de sécurité et au confort logistique démesuré dont bénéficient souvent les créatifs.

Le branding est dilué au point qu’on ne sait plus vraiment s’il s’agit d’une performance artistique ou service d’une publicité ou de l’inverse.

La marque et son appareil font figure de modestes adjuvants du photographe. La vidéo porte à elle seule, implicitement, la promesse de marque, sans le concours d’aucun logo ou accroche publicitaire.

UNE PERFORMANCE NARRATIVE

Le deuxième grand défi de cette vidéo est un défi narratif : comment raconter et faire vivre à l’internaute un tour du monde en 80 secondes ?

Si ce défi a l’air a priori impossible ou insensé, il n’en est pas moins un exercice du style dans l’air du temps.

Il est symptomatique d’une époque où les distances et le temps sont de plus en plus compressés, du rétrécissement de notre « temps de cerveau de disponible » et du triomphe de la snack culture qui en est le corolaire.

C’est ici les caractéristiques formelles du stop-motion qui permettent de relever le challenge en faisant apparaître le monde comme un village global dont il est aussi facile de faire le tour en vrai que derrière son écran.

On songe à une vue kaléidoscopique que l’on aurait éclatée et dont on aurait organisé les fragments dans le temps…

Le stop-motion instaure un rapport particulier entre le temps et l’espace.

Telle une ligne en pointillé qui vient joindre les différentes stations d’un voyage, il constitue une nuance intermédiaire entre la dimension discrète (mais statique) de la photo et la dimension continue (mais bavarde ou peu synthétique) de la vidéo qui se prête particulièrement bien au récit de voyage.

DEVENIR LE STORYTELLER DE SES VOYAGES

La véritable promesse que l’on découvre en filigrane derrière cette vidéo est la suivante : les fonctionnalités GPS de l’appareil vous permettent, à l’image d’Alex Profit, de raconter mieux et plus facilement les histoires de vos voyages.

Avec les appareils numériques compacts, nous remplissons nos disques durs de gigas et de gigas de photos que nous utilisons finalement assez peu, en partie parce que leur indexation, leur tri, et leur organisation sont devenus un travail fastidieux, voir pénible.

Mais le voyage, comme la lecture, se pratique autant pour lui-même que pour « avoir voyagé », pour avoir des choses à raconter, à partager…

La fonction GPS, en permettant à aux utilisateurs de documenter leur voyage, de retracer leur parcours et de représenter facilement sur des cartes, accroît les capacités narratives des consommateurs.

VERS DE NOUVELLES FORMES NARRATIVES BASEES SUR LES CARTES

La géolocalisation est sans conteste une des grandes tendances de l’année.

Elle a pris une ampleur sans précédent avec la démocratisation des smartphones et laisse augurer le développement de nouvelles formes narratives qui mêlent photographie, cartographie et informations.

C’est bien ces nouvelles formes narratives, et par extension les nouvelles façons de raconter le voyage, qui constituent le véritable intérêt de ce type d’appareils.

Si l’usage qui en est fait sur le site de l’opération est encore très minimaliste, j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de revenir sur ce sujet passionnant.

Sponsorisé par http://www.goviralnetwork.com/

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Du recyclage des mèmes : Droga 5 déterre le skateboarding dog pour Tony Hawk Ride d’Activision !

janvier 7, 2010

Il est devenu de plus en plus difficile d’attirer l’attention des internautes avec des vidéos virales : la technique s’est considérablement banalisée ces dernières années et le flux  croissant de contenus sous lequel les consommateurs sont noyés n’y fait rien pour arranger l’affaire.

Pour ceux qui s’entêtent et se risquent malgré tout à tenter l’aventure, le meilleur moyen est encore de faire appel à la culture web des internautes en capitalisant sur un mème existant. Ce dernier étant déjà installé dans la mémoire des internautes et bénéficiant d’un investissement affectif sur lequel on pourra s’appuyer, le trajet à parcourir par la marque sera en principe moins long…

En bon archéologue du web, l’agence Droga 5 est allée chercher dans la préhistoire de la vidéo virale (si, si, vous vous souvenez ? Avant l’existence de YouTube !) la vidéo ci-dessous. Outre son caractère extraordinaire et l’incroyable diffusion dont elle a bénéficié, elle a le mérite de s’être fixée solidement dans notre mémoire à une époque où les vidéos virales n’étaient pas légions…

Cela dit, il faut l’avouer, la vidéo de Droga 5 fonctionne aussi parce qu’elle met en scène un produit qui est en soi spectaculaire. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il sort sur toutes les consoles NEXT GEN !


Paranormal Activity : une best practice du marketing viral

novembre 6, 2009

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QUOI ?

Paranormal Activity est un film d’épouvante à micro budget (15 000 dollars) qui a réédité l’exploit de Projet Blairwitch : réalisé comme ce dernier dans un style « faux documentaire », le film a été propulsé vers les cimes du box office US et a atteint une rentabilité record grâce à une campagne de marketing viral habile.

Mais à la différence de son aîné, celui-ci a pu bénéficier des medias sociaux et de leurs nouveaux usages…

COMMENT ?

Un ciblage pertinent

Le film à l’origine n’a été lancé que dans une poignée de cinémas, mais sa diffusion s’est concentrée sur des campus américains, soit sur une cible notoirement « conductive » (comme l’a illustré l’exemple de Facebook même).

L’implication du public par la participation

Le cœur de la stratégie virale repose en grande partie sur cette double idée :

–       Transformer une faiblesse en atout, tourner la confidentialité de la diffusion du film en une rareté susceptible de générer frustration et désir chez les consommateurs (« en mode complot » commente-t-on chez Darkplanneur)

–       Permettre aux spectateurs de s’approprier le film en devenant acteurs de sa campagne de com.

Le film a diffusé via son site une pétition à travers laquelle les internautes ont pu manifester pour que  le film soit diffusé dans leur ville, avec une promesse à la clé, lancée comme un défi à la face des communautés : le film sortirait à l’échelle nationale si cette pétition atteignait un million de demandes.

Au bout de deux semaines le nombre de signataires dépassait le million… et Paranormal Activity s’offrait une diffusion nationale dans près de 2000 salles !

Un bénéfice simple et mis en scène efficacement

En soi, la simple présence d’un film ou d’une marque sur les médias sociaux est insuffisante pour expliquer un buzz, comme cela a été justement noté sur le blog de Millward Brown. Pour que la conversation prenne, il faut un sujet de conversation et un motif pour l’aborder…

La raison d’être d’un film d’épouvante est de procurer des sensations fortes, des sueurs froides. Paranormal Activity a donc fait parlé de lui parce qu’il a flanqué la chair de poule à un grand nombre de spectateurs.

Ce bénéfice du film a été mis en scène à l’aide d’une vidéo qui montrait les réactions des consommateurs à la vue du film, un peu à la manière de ce qui avait été fait pour le film REC ou, dans un autre style, la vidéo 2 girls 1 cup ( pour les connaisseurs J ). Le procédé n’est donc pas révolutionnaire, mais il a le mérité de fonctionné en titillant la fibre mimétique des individus.

Utilisation des médias sociaux comme une caisse de résonnance pour amplifier le buzz

P.A. a généré un buzz important sur les médias sociaux. Les spectateurs s’y sont plu à échanger leurs témoignages respectifs sur le film.

Il a bénéficié d’une (relativement) grande visibilité sur Facebook, où de multiples groupes se sont formés.

Il s’est également illustré sur Twitter en figurant dans les « trending topics », ce à quoi a contribué la création d’un compte : http://twitter.com/tweetyourscream.

Les résultats

–       le film tient actuellement la deuxième place du Box Office Us derrière le film de Michael Jackson.

–       Il a rapporté plus de 84 millions de dollars de recettes.

Sources :

http://www.slideshare.net/soravjain/paranormal-activity-social-media-success-case-study

http://www.20minutes.fr/article/354135/Cinema-Paranormal-Activity-le-nouveau-Blair-Witch-Project-buzze-a-fond-sur-le-web.php

http://www.darkplanneur.com/2009/11/paranormal-activity-larnaque-cinématographique.html

http://www.lesmarquesalaloupe.com/humeur/analyse-d’un-buzz-paranormal-activity/


Google Wave se la joue Pulp Fiction : de la demo produit de choc, OMG !!!

novembre 4, 2009

A l’approche de sa sortie, Google Wave semble avoir déjà convaincu le public technophile.

Mais si les geeks de France, de Navarre et d’ailleurs sont d’ores et déjà prêts à vendre leur mère pour un accès à la preview, il reste encore à Google la tâche délicate de remporter l’adhésion du grand public.

Comment démontrer l’utilité du service à une cible qui n’a pas nécessairement les compétences pour en comprendre la nature et qui pourrait être tentée de l’envisager comme un banal « service de mail de plus » ?

Comment expliquer Google Wave de façon impactante en évitant l’écueil de l’inventaire ou de l’outil-de-conversation-qui-concentre-un-peu-tous-les-outils-de-communication-que-tu-utilisais-jusqu’à-présent-mais-en-mieux ?

Comment le séduire avec un service dont les possibles démonstrations ont toutes les chances de déboucher sur des conversations fades et insipides (cf. les premières démos de wave) ?

La solution de génie : mettre en scène l’expressivité des conversations que permet  Google Wave en rejouant sur la plateforme les dialogues les plus cultes et les plus hauts en couleur de la pop culture internationale… ceux de Pulp Fiction !


Puke in my mouth de Ms Taken : une vidéo virale destinée à vendre de fausses bagues de fiançailles

mai 20, 2009

Voici une vidéo étonnante pour un produit encore plus étonnant qui répond à un gros succès viral : Jizz in my pants.

Une initiative qui rapelle qu’en matière de viral, il est souvent préférable de capitaliser sur un succès ou des pratiques existantes plutôt que d’essayer de percer « from scratch ».

Pour les demoiselles qui souhaiteraient, à la vue du clip, se protéger contre les gros boulets et autres kékés quand elles sortent, c’est par ici : http://mstaken.com.

Vodpod videos no longer available.

more about « Puke in my mouth de Ms Taken : une vi…« , posted with vodpod


Nike, Bear Butte Running Camp

avril 24, 2009

Voici une vidéo originale destinée à promouvoir le modèle Nike Free 5.0, une chaussure si souple et si légère qu’elle donne l’impression de courir nu les pieds nus…


« Hé Marine » : un mème qui claque !

avril 22, 2009

Je viens de découvrir aujourd’hui un mème sympathique et au léger parfum d’happy slapping qui m’avait jusqu’à présent échappé : « Hé Marine ».

Comme pour d’autres mèmes tels que Chocolate Rain ou Le rappeur du 92, les consommateurs s’en sont donnés à cœur joie pour parodier la vidéo et la conversation qui en résulte, là aussi, rappelle lointainement les Exercices de style de Raymond Queneau.

Merci à Jean-Michel pour le lien.