Dézinguez vos friends Facebook avec l’Etoile de la Mort grâce à Adidas

décembre 21, 2009

Adidas vient de lancer une expérience personnalisable qui recourt conjointement à Facebook Connect et à Google Maps pour promouvoir sa nouvelle collection aux couleurs de Star Wars.

Le principe ? Dans l’esprit politiquement incorrect du Whopper Sacrifice ou de Je tue un ami, vous envoyez à vos friends Facebook une vidéo dans laquelle Dark Vador les « raye de la carte », pour ainsi dire, à l’aide de l’Etoile noire. Le recours à Google Maps permet à la fois de représenter l’impact mais aussi d’affiner la précision du tir en amont.

Si ce dispositif est loin d’être le plus impressionnant que l’on ait vu dans son genre, il tapera à coup sûr dans le mille face à un public de fans de toute façon conquis d’avance.

Non mais regardez-moi ces beautés !!! Ca vous donne pas trop envie sérieux !

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Expérience, storytelling et réenchantement : que signifie vivre une « expérience » ?

décembre 19, 2009

« Tous les marketeurs sont des menteurs : Tant mieux, car les consommateurs adorent qu’on leur raconte des histoires » nous dit Seth Godin.

Dans cet ouvrage consacré au storytelling, l’auteur nous invite à raconter des histoires au consommateur au motif que ce dernier s’en raconte déjà à lui même.

Le récit est profondément ancré dans la structure mentale de l’homme. Il est le moyen privilégié auquel les individus recourent pour se représenter et interpréter le monde, les situations sociales, les autres et eux-mêmes.

Nouvel iPhone, sweat Misericordia, café équitable, lunettes Gucci ou paire d’Adidas vintage ultra rare… les objets que nous consommons sont des signes que nous renvoyons à autrui pour nous distinguer, mais ils sont également autant d’histoires que nous nous racontons à nous-mêmes pour construire notre identité. Et le rôle du marketeur, en Shéhérazade des temps modernes, est d’influencer ces histoires.

Mais si le récit est un moyen de comprendre le monde, il est également un moyen de lui échapper ou de le sublimer.

A bien y regarder, plus qu’un simple appétit naturel pour les histoires, c’est une véritable obsession existentielle qui affecte l’homme moderne, comme l’illustrent nombre des plus grands romans de l’Occident : Don Quichotte de Cervantès, Mme Bovary de Flaubert, La bête dans la Jungle de Henry James ou La Nausée de Sartre. Ce dernier aspire à vivre dans une histoire, ou à  faire de sa vie une histoire.

Il désire ardemment vivre des moments qui, comme les récits, représentent des totalités, des univers clos ou quasi clos, des parenthèses rythmées qui se détachent du continuum mou et monotone de la vie quotidienne.

Ces moments, indissociables de la pratique du storytelling, ne sont rien d’autre que les fameuses « expériences » que tous les marketeurs ont à la bouche aujourd’hui.

Pour essayer de comprendre un peu mieux ce que « vivre une expérience » peut signifier pour le consommateur, essayons donc de lire ce passage de La Nausée en remplaçant le mot « aventure » par le mot « expérience » :

« Voici ce que j’ai pensé : pour que l’évènement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu’on se mette à la raconter. C’est ce qui dupe les gens : un homme c’est toujours un conteur d’histoires, il vit entouré de ses histoires et des histoires d’autrui, il voit tout ce qui lui arrive à travers elles ; et il cherche à vivre sa vie comme s’il la racontait.

Mais il faut choisir : vivre ou raconter. Par exemple quand j’étais à Hambourg, avec cette Erna, dont je me défiais et qui avait peur de moi, je menais une drôle d’existence. Mais j’étais seul dedans, je n’y pensais pas. Et puis un soir, dans un petit café de San Pauli, elle m’a quitté pour aller aux lavabos. Je suis resté seul, il y avait un phonographe qui jouait Blue Sky. Je me suis mis à me raconter ce qui s’était passé depuis mon débarquement. Je me suis dit : « Le troisième soir, comme j’entrais dans un dancing appelé la Grotte Bleue, j’ai remarqué une grande femme à moitié saoule. Et cette femme-là, c’est elle que j’attends en ce moment, en écoutant Blue Sky et qui va revenir s’assoir à ma droite et m’entourer le cou de ses bras. » Alors, j’ai senti avec violence que j’avais une aventure. Mais Erna est revenue, elle s’est assise à côté de moi, elle m’a entouré le cou de ses bras et je l’ai détestée sans trop savoir pourquoi. Je comprends, à présent c’est qu’il fallait recommencer de vivre et que l’impression d’aventure venait de s’évanouir.

Quand on vit, il n’arrive rien. Les décors changent, les gens entrent et sortent, voilà tout. Il n’y a jamais de commencements. Les jours s’ajoutent aux jours sans rime ni raison, c’est une addition interminable et monotone. De temps en temps, on fait un total partiel, on dit : voilà trois ans que je voyage, trois ans que je suis à Bouville. Il n’y a pas de fin non plus : on ne quitte jamais une femme, un ami, une ville en une fois. Et puis tout se ressemble : Shangaï, Moscou, Alger, au bout d’une quinzaine, c’est tout pareil. Par moments – rarement – on fait le point, on s’aperçoit qu’on s’est collé avec une femme, engagé dans une salle histoire. Le temps d’un éclair. Après ça, le défilé recommence, on se remet à faire l’addition des heures et des jours. Lundi, mardi, mercredi. Avril, mai, juin. 1924, 1925, 1926.

Ca, c’est vivre. Mais quand on raconte la vie, tout change ; seulement c’est un changement que personne ne remarque : la preuve c’est qu’on parle d’histoires vraies. Comme s’il pouvait y avoir des histoires vraies ; les évènements se produisent dans un sens et nous les racontons en sens inverse. On a l’air de débuter par le commencement : « C’était par un beau soir de l’automne de 1922. J’étais clerc de notaire à Marommes. » Et en réalité c’est par la fin qu’on a commencé. Elle est là, invisible et présente, c’est elle qui donne à des quelques mots la pompe et la valeur d’un commencement. « Je me promenais, j’étais sorti du village sans m’en apercevoir, je pensais à mes ennuis d’argent. » Cette phrase, prise simplement pour ce qu’elle est, veut dire que le type était absorbé, morose, à cent lieues d’une aventure, précisément dans ce genre d’humeur où on laisse passer les évènements sans les voir. Mais la fin est là, qui transforme tout. Pour nous, le type est déjà le héros de l’histoire. Sa morosité, ses ennuis d’argent sont bien plus précieux que les nôtres, ils sont tout dorés par la lumière des passions futures. Et le récit se  poursuit à l’envers : les instants ont cessé de s’empiler au petit bonheur les uns sur les autres, ils sont happés par la fin de l’histoire qui les attire et chacun d’eux attire à son tour l’instant qui le précède : « Il faisait nuit, la rue était déserte. » La phrase est jetée négligemment, elle a l’air superflue ; mais nous ne nous y laissons pas prendre et nous la mettons de côté : c’est un enseignement dont nous comprendrons la valeur par la suite. Et nous avons le sentiment que le héros a vécu tous les détails de cette nuit comme des annonciations, comme des promesses, ou même qu’il vivait seulement ceux qui étaient des promesses, aveugle et sourd pour tout ce qui n’annonçait pas l’aventure. Nous oublions que l’avenir n’était pas encore là ; le type se promenait dans une nuit sans présages, qui lui offrait pêle-mêle ses richesses monotones et il ne choisissait pas.

J’ai voulu que les moments de ma vie se suivent et s’ordonnent comme ceux d’une vie qu’on se rappelle. Autant vaudrait tenter d’attraper le temps par la queue. »

La Nausée, Sartre, p64


Marketing, culture et storytelling

décembre 18, 2009

Une petite citation de Seth Godin pour nous faire prendre du recul face à l’universalité que nous prêtons à nos raisonnements et nous rappeler que les situations de communication n’ont jamais lieu dans un vacuum culturel :

« The challenge doesn’t lie in getting them to know what you know. It won’t help. The challenge lies in helping them see your idea through their lens, not yours. If you study the way religions and political movements spread, you can see that this is exactly how it works. Marketers of successful ideas rarely market the facts. Instead, they market stories that match the worldview of the people being marketed to. »

Seth Godin


Utility driven augmented reality by Samsung

décembre 16, 2009

La réalité augmentée est aujourd’hui portée par un puissant effet de mode, comme l’ont été d’autres types de dispositifs par le passé.

Si les recours « gadgets » à cette technologie se multiplient, certaines initiatives parviennent malgré tout à apporter une réelle valeur ajoutée aux consommateurs, comme l’illustre cette application pour Samsung LED TV Series 7.

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L’art du braconnage ou l’activité des consommateurs par Michel de Certeau

décembre 16, 2009

Etant actuellement en pleine lecture de Henry Jenkins, j’ai été agréablement surpris de constater que celui-ci, dans un de ses vieux textes (Textual Poachers), utilise Michel de Certeau pour mettre en avant l’activité des fans dans l’univers de la culture populaire, et en particulier pour expliquer les façons originales et créatives avec lesquelles diverses minorités (femmes et gays) s’approprient Star Trek en produisant des interpétations qui répondent à leurs besoins spécifiques.


C’était donc l’occasion de se replonger un peu dans l’oeuvre du maître, et notamment sur le désormais culte chapitre 12 de L’invention du quotidien. De Certeau y étudie les pratiques de la lecture, emblématiques selon lui de l’ensemble des pratiques de consommation, afin de montrer que contrairement à une idée fort répandue et entretenue par les rapports de force à l’oeuvre dans le corps social, l’acte de consommation n’est jamais purement passif.

Le lecteur, comme le spectateur, est fondamentalement actif. Il interpète activement un texte en faisant usage de ses compétences singulières et en projetant sur lui divers désirs et attentes. Par ce travail d’interprétation, il donne au texte une signification qui ne préexiste jamais à l’acte de lire mais est toujours comme négociée par lui.

« la consommation, organisée par ce quadrillage expansionniste [les réseaux des médias], ferait figure d’activité moutonnière, progressivement immobilisée et « traitée » grâce à la mobilité croissante des conquérants de l’espace que sont les médias. Fixation des consommateurs et circulation des médias. Aux foules, il resterait seulement la liberté de brouter la ration de simulacres que le système distribue à chacun. Voilà précisément l’idée contre laquelle je m’élève : pareille représentation des consommateurs n’est pas recevable (p240)

[…]

bien loin d’être des écrivains, fondateurs d’un lieu propre, héritiers des laboureurs d’antan mais sur le sol du langage, creuseurs de puits et constructueurs de maisons, les lecteurs sont des voyageurs ; ils circulent sur les terres d’autrui, nommades braconnant à travers les champs qu’ils n’ont pas écrits, ravissant les biens d’Egypte pour en jouir. L’écriture accumule, stocke, résiste au temps par l’établissement d’un lieu et multiplie sa production par l’expansionnisme de la reproduction. La lecture ne se garantit pas contre l’usure du temps (on s’oublie et l’on oublie), elle ne conserve pas ou mal son acquis, et chacun des lieux où elle passe est répétition du paradis perdu.En effet, elle n’a pas de lieu : Barthes lit Proust dans le texte de Stendhal ; le téléspectateur lit le paysage de son enfance dans le reportage d’actualité. La téléspectatrice qui dit de l’émission vue la veille : « C’était idiot et je restais pourtant là », par quel lieu était-elle captée, qui était et pourtant n’était pas celui de l’image vue ? Ainsi du lecteur : son lieu n’est pas ici ou là, l’un ou l’autre, mais ni l’un ni l’autre, à la fois dedans et dehors, perdant l’un et l’autre en les mêlant, associant des textes gisants dont il est l’éveilleur et l’hôte, mais jamais le propriétaire. Par là, il esquive aussi la loi de chaque texte en particulier, comme celle du milieu social. »  (p252)

« Cette mutation [l’appropriation du texte par le lecteur] rend le texte habitable à la manière d’un appartement loué. Elle transforme la propriété de l’autre en lieu emprunté, un moment, par un passant. Les locataires opèrent une mutation semblable dans l’appartement qu’ils meublent de leurs gestes et de leurs souvenirs ; les locuteurs, dans la langue où ils glissent les messages de leur langue natale et, par l’accent, par des « tours » propres, etc., leurs propre histoire ; les piétons, dans les rues où ils font marcher les forêts de leurs désirs et de leurs intérêts. De même les usagers des codes sociaux les tournent en métaphores et en ellipses de leurs chasses. L’ordre régnant sert de support à des productions innombrables, alors qu’il rend ses propriétaires aveugles sur cette créativité (ainsi de ses « patrons » qui ne peuvent voir ce qui s’invente de différent dans leur propre entreprise). A la limite, cet ordre serait l’équivalent de ce que les règles de mètre et de rime étaient pour les poètes d’antan : un ensemble de contraintes stimulant des trouvailles, une réglementation dont jouent les improvisations. » (Introduction générale)

L’invention du quotidien, Michel de Certeau


Square : un dispositif de paiement par carte bleue sur mobile par l’inventeur de Twitter

décembre 10, 2009

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Quelques chiffres sur Twitter

décembre 10, 2009

Un bon du nombre d’utilisateurs et de la notoriété de la plateforme



Encore un support de niche, malgré la hype dont il bénéficie



Les usages de Twitter les plus populaires, en vrac :

  • Obtenir des bons plans et des promos (cf. le succès de Dell Outlet aux US)
  • Se connecter et partager avec sa communauté d’amis
  • Se connecter et partager avec sa communauté de collègues
  • Ecouter et interroger des communautés
  • Créer du trafic vers son blog ou son site

( Source : Ifop / faberNovel pour l’Atelier de BNP Paribas via JDN)